Description
« D’abord, écartons l’utopie. › — Charles Maurras
Toute la sève de ce livret est contenue dans cette formule.
Et quelle utopie, quelle île imaginaire gangrène notre pays depuis plus de deux siècles ? Nulle autre que cette nation-contrat des jacobins, qui confond société et État, les fondant sur le principe abstrait de la volonté générale : cette République « une et indivisible », qui ne reconnaît aucun intermédiaire entre la nation et des individus isolés les uns des autres.
La conception maurrassienne de la nation, quant à elle, repose sur la reconnaissance d’un topos, d’une réalité concrète : une construction historique, enracinée, unique.
Chez Maurras, la nation ne peut exister sans les corps qui la composent : familles, provinces, villes… Les hommes y sont les parties de corps intermédiaires, cercles concentriques nécessaires à toute cohésion véritable. Maurras rappelle ici l’impérieuse nécessité d’une conception fédéraliste et décentralisatrice de la nation.
Car la nature ayant horreur du vide, si vous supprimez les corps intermédiaires naturels, d’autres viendront occuper leur place : partis politiques, coteries et autres groupes, rarement au service de la nation.
Ce sera la mort de l’utopie ou la nôtre.
Guillaume Staub



